Chers Radis, voilà bientôt un mois que je suis rentrée de mon séjour d’un an au Japon. Mais, comme promis, j’ai encore plein de choses à vous raconter ! Aujourd’hui, je vous parle d’un de mes derniers coups de cœur : Hakodate, jolie ville portuaire aux airs occidentaux et nostalgiques. J’y ai passé deux journées très agréables, parfaites pour démarrer mon séjour sur l’île d’Hokkaido, à l’extrême nord du Japon. Partons en balade entre bâtiments coloniaux, marché aux poissons et côtes fouettées par les vagues 🙂

Hakodate, passage obligé pour explorer Hokkaido depuis des siècles

Juste en face de ma super auberge de jeunesse "HakoBa", la petite baie d'Hakodate où ont débarqué les premiers navires de commerce américains, au milieu du XIXe siècle. Quel bonheur d'admirer la vue depuis le toit-terrasse de l'auberge ;)
Juste en face de ma super auberge de jeunesse “HakoBa“, la petite baie d’Hakodate où ont débarqué les premiers navires de commerce américains, au milieu du XIXe siècle. Quel bonheur d’admirer la vue depuis le toit-terrasse de l’auberge 😉

Vous reprendrez bien un peu d’Histoire ?

La ville d’Hakodate est depuis longtemps le principal point d’entrée d’Hokkaido, l’île la plus au nord de tout l’archipel japonais. Elle a d’abord servi comme point de départ de la colonisation japonaise d’Hokkaido, qui était peuplée à l’origine par l’ethnie Ainu. Bien plus tard, en 1854 et après deux siècles de fermeture totale à l’étranger, Hakodate a été le premier port ouvert aux navires marchands américains. Et cinquante plus tard, elle est devenue le point d’arrivée du ferry ferroviaire qui transportait carrément des trains entiers depuis la ville d’Aomori ! C’est ainsi que les visiteurs pouvaient rejoindre facilement Hokkaido depuis la côte nord de Honshu, l’île principale de l’archipel.

Un point de départ parfait pour découvrir l’île d’Hokkaido

Aujourd’hui, le shinkansen (fameux TGV japonais) arrive directement à Hakodate, après être passé par un long tunnel sous la mer et avoir bordé la côte sud d’Hokkaido. C’est pour cette raison que, tout naturellement, j’ai décidé de commencer mes vacances solo en Hokkaido par cette charmante ville portuaire ! Et bien m’en a pris 🙂

Au petit musée des peuples nordiques d'Hakodate, j'ai pu découvrir différents témoignages du mode de vie de la fameuse ethnie Ainu. Dont ces magnifiques chaussures ultra-étanches en peau de saumon xD Elles m'ont délicieusement rappelé le sketch de Gad Elmaleh sur le showbiz : "costume trois-pièces en saumon fumé, chaussures en marbre et hop !"
Au petit musée des peuples nordiques d’Hakodate, j’ai pu découvrir différents témoignages du mode de vie de la fameuse ethnie Ainu. Dont ces magnifiques chaussures ultra-étanches en peau de saumon xD Elles m’ont délicieusement rappelé le sketch de Gad Elmaleh sur le showbiz : “costume trois-pièces en saumon fumé, chaussures en marbre et hop !”
Le fameux fort Goryôkaku, qui constitue l'un des principaux symboles d'Hakodate, rappelle la position très stratégique de la ville. Il a été construit au XIXe siècle sur le modèle des forteresses de Vauban, ce qui témoigne aussi de l'influence énorme que l'Occident avait à l'époque sur le Japon. Une influence, vous le verrez, que j'ai retrouvée dans tout le reste de la ville... D'ailleurs, le peuplement tardif de toute l'île d'Hokkaido a pour conséquence qu'on y retrouve peu de bâtiments de style japonais et que, bien souvent, on pourrait se croire en pleines montagnes autrichiennes !
Le fameux fort Goryôkaku, qui constitue l’un des principaux symboles d’Hakodate, rappelle la position très stratégique de la ville. Il a été construit au XIXe siècle sur le modèle des forteresses de Vauban, ce qui témoigne aussi de l’influence énorme que l’Occident avait à l’époque sur le Japon. Une influence, vous le verrez, que j’ai retrouvée dans tout le reste de la ville… D’ailleurs, le peuplement tardif de toute l’île d’Hokkaido a pour conséquence qu’on y retrouve peu de bâtiments de style japonais et que, bien souvent, on pourrait se croire en pleines montagnes autrichiennes !

Balade dans les quartiers coloniaux au pied du mont Hakodate

Vous l’avez compris : ce qui fait le charme d’Hakodate selon moi, c’est son délicieux mélange de ville japonaise et d’influences coloniales. Le quartier qui entoure la baie est fait de petites collines piquetées de clochers familiers, qui mènent toutes à la grande sentinelle de la ville : le mont Hakodate. La grande mode consiste à y monter en funiculaire à la tombée de la nuit pour observer la ville et la mer. Celles-ci constituent en effet l’un des paysages urbains les plus célèbres du Japon. Malheureusement, les vents forts de septembre ne m’ont pas permis de mener à bien ce projet ! J’ai donc exploré les environs à pied pour observer entrepôts de briques, églises chrétiennes centenaires, cafés vintage et petites boutiques.

Le quartier portuaire au pied du mont Hakodate, très apprécié des touristes, est baigné d'une atmosphère rétro et paisible. Les entrepôts de brique, d'architecture quasi-hollandaise, nous rappellent l'influence des colons du XIXe siècle tout en vendant de nombreux bibelots aux touristes japonais, ravis du dépaysement. En haut de la colline, vous pouvez apercevoir l'arrivée du funiculaire, lui aussi très prisé, bien qu'on puisse aussi grimper le mont Hakodate à pied.
Le quartier portuaire au pied du mont Hakodate, très apprécié des touristes, est baigné d’une atmosphère rétro et paisible. Les entrepôts de brique, d’architecture quasi-hollandaise, nous rappellent l’influence des colons du XIXe siècle tout en vendant de nombreux bibelots aux touristes japonais, ravis du dépaysement. En haut de la colline, vous pouvez apercevoir l’arrivée du funiculaire, lui aussi très prisé, bien qu’on puisse aussi grimper le mont Hakodate à pied.
Encore un trait extrêmement rare au Japon : des rues pavées ! Et au détour d'une ruelle en pente, le clocher de la première église orthodoxe jamais construite au Japon, sous l'impulsion d'un missionnaire russe.
Encore un trait extrêmement rare au Japon : des rues pavées ! Et au détour d’une ruelle en pente, le clocher de la première église orthodoxe jamais construite au Japon, sous l’impulsion d’un missionnaire russe.
De nombreuses randonnées permettent de sillonner le mont Hakodate jusqu'à la côte, et bien sûr de monter à son sommet. Je trouve ça très chouette, car ça permet d'allier facilement séjour à la ville et promenade en montagne :)
De nombreuses randonnées permettent de sillonner le mont Hakodate jusqu’à la côte, et bien sûr de monter à son sommet. Je trouve ça très chouette, car ça permet d’allier facilement séjour à la ville et promenade en montagne 🙂
Sur le port, un papy profite du soleil avec son petit chien sage. Les Japonais sont gagas de leurs chiens et adorent les promener en poussette... Personnellement, je trouve le panier de vélo plus ergonomique ;)
Sur le port, un papy profite du soleil avec son petit chien sage. Les Japonais sont gagas de leurs chiens et adorent les promener en poussette… Personnellement, je trouve le panier de vélo plus ergonomique 😉

Dégustation de donburi au marché aux poissons Asaichi

En remontant la baie des colons, je suis arrivée au célèbre marché aux poissons d'Hakodate, le "Asaichi". C'est un joyeux mélange de grandes halles couvertes et de petites boutiques, tantôt spécialisées dans le poisson, tantôt dans les fruits de mer. J'ai adoré l'ambiance décontractée qui y régnait, dans le glouglou des bacs de crabes et les interpellations des poissonniers (apparemment, c'est un trait international ^^).
En remontant la baie des colons, je suis arrivée au célèbre marché aux poissons d’Hakodate, le “Asaichi”. C’est un joyeux mélange de grandes halles couvertes et de petites boutiques, tantôt spécialisées dans le poisson, tantôt dans les fruits de mer. J’ai adoré l’ambiance décontractée qui y régnait, dans le glouglou des bacs de crabes et les interpellations des poissonniers (apparemment, c’est un trait international ^^).
J'ai pris ce stand en photo pour vous montrer à quel point les Japonais aiment les œufs de poisson, et la grande variété qui existe : saumon, truite, cabillaud, morue... Contrairement à ce que j'ai pu voir en Russie, ils ne sont généralement pas fumés, mais plutôt séchés. Très souvent, les œufs de cabillaud sont aussi parfumés au piment. Ce sont des produits assez chers, mais les prix que vous voyez là sont imbattables : 1300 yens, ça revient à environ 10 euros la barquette... Les acheteurs les mangeront en sushi ou, très souvent, en feront une sauce crémeuse et salée pour accompagner les spaghetti ! Un de mes plats préférés du monde entier, d'ailleurs ;)
J’ai pris ce stand en photo pour vous montrer à quel point les Japonais aiment les œufs de poisson, et la grande variété qui existe : saumon, truite, cabillaud, morue… Contrairement à ce que j’ai pu voir en Russie, ils ne sont généralement pas fumés, mais plutôt séchés. Très souvent, les œufs de cabillaud sont aussi parfumés au piment. Ce sont des produits assez chers, mais les prix que vous voyez là sont imbattables : 1300 yens, ça revient à environ 10 euros la barquette… Les acheteurs les mangeront en sushi ou, très souvent, en feront une sauce crémeuse et salée pour accompagner les spaghetti ! Un de mes plats préférés du monde entier, d’ailleurs 😉
La raison pour laquelle les touristes adorent le marché Asaichi, c'est que de nombreux étals et restaurants spécialisés y proposent des "donburi". Il s'agit de bols de riz tiède, sur lesquels les gourmands font disposer leurs poissons et fruits de mer préférés. Tous sont crus et, pour peu qu'on ait bien choisi sa boutique, d'une fraîcheur imbattable... Pour ma part, j'ai choisi des crevettes crues, dont je raffole, et deux incontournables de la région : seiche fondante et noix de Saint-Jacques. Le tout servi avec un peu d'algues nori, une bonne dose de moutarde wasabi, de la sauce soja, une soupe miso et du thé grillé. Ah là là, rien que de vous l'écrire, j'en salive à nouveau... ;)
La raison pour laquelle les touristes adorent le marché Asaichi, c’est que de nombreux étals et restaurants spécialisés y proposent des “donburi”. Il s’agit de bols de riz tiède, sur lesquels les gourmands font disposer leurs poissons et fruits de mer préférés. Tous sont crus et, pour peu qu’on ait bien choisi sa boutique, d’une fraîcheur imbattable… Pour ma part, j’ai choisi des crevettes crues, dont je raffole, et deux incontournables de la région : seiche fondante et noix de Saint-Jacques. Le tout servi avec un peu d’algues nori, une bonne dose de moutarde wasabi, de la sauce soja, une soupe miso et du thé grillé. Ah là là, rien que de vous l’écrire, j’en salive à nouveau… 😉
Voici une autre activité pour immerger les touristes au cœur de la vie du marché Asaichi : pêchez votre propre poisson, m'sieur-dames ! Et hop, cinq minutes plus tard, le chef au couteau bien aiguisé vous en aura fait une belle assiette de sashimi...
Voici une autre activité pour immerger les touristes au cœur de la vie du marché Asaichi : pêchez votre propre poisson, m’sieur-dames ! Et hop, cinq minutes plus tard, le chef au couteau bien aiguisé vous en aura fait une belle assiette de sashimi…
Sur ce marché, j'ai aussi retrouvé beaucoup de ces gourmandises que les pépés Japonais adorent déguster à l'apéro : des fruits de mer séchés en tous genres. Les stars étant, une fois de plus, la seiche et la noix de Saint-Jacques. Si vous n'avez pas peur du salé et du caoutchouteux, c'est une expérience à tester...
Sur ce marché, j’ai aussi retrouvé beaucoup de ces gourmandises que les pépés Japonais adorent déguster à l’apéro : des fruits de mer séchés en tous genres. Les stars étant, une fois de plus, la seiche et la noix de Saint-Jacques. Si vous n’avez pas peur du salé et du caoutchouteux, c’est une expérience à tester…
Perché à hauteur de ma taille (pas bien haut, vous me direz), ce monsieur concentré s'appliquait à aiguiser un gros tranchoir fixe... Pour couper la tête des plus gros poissons ? L'histoire ne le dit pas !
Perché à hauteur de ma taille (pas bien haut, vous me direz), ce monsieur concentré s’appliquait à aiguiser un gros tranchoir fixe… Pour couper la tête des plus gros poissons ? L’histoire ne le dit pas !

Sud-ouest d’Hakodate : sur le chemin du cap Tachimachi

Décalons-nous de quelques kilomètres vers le sud et l’ouest pour explorer la côte brute d’Hakodate, là où les vagues du Pacifique viennent chatouiller les petites maisons de pêcheurs. C’est un très heureux hasard qui m’a fait découvrir ce quartier calme, imprégné d’une forte odeur de rouille et d’algues. En effet, je me rendais au superbe restaurant “Kaiseki Kira”, dont je vous vantais les merveilles zen dans mon dernier article.

Sur mon chemin, j'ai d'abord traversé le joli (et bien nommé) "parc d'Hakodate" où, en ce tiède dimanche, les parents avaient amené leurs enfants courir entre les pins ou faire un tour de manège. Dans le micro-parc d'attractions et le petit zoo gratuit, tout était minuscule et rétro : je me serais crue dans une foire de village des années cinquante ! De la musique grésillante aux chevaux de bois, tout y était. Seules les auto-tamponneuses en forme de pokemon détonnaient ;)
Sur mon chemin, j’ai d’abord traversé le joli (et bien nommé) “parc d’Hakodate” où, en ce tiède dimanche, les parents avaient amené leurs enfants courir entre les pins ou faire un tour de manège. Dans le micro-parc d’attractions et le petit zoo gratuit, tout était minuscule et rétro : je me serais crue dans une foire de village des années cinquante ! De la musique grésillante aux chevaux de bois, tout y était. Seules les auto-tamponneuses en forme de pokemon détonnaient 😉
Puis, continuant ma route vers le bout de la péninsule, j'ai traversé le vrai quartier des pêcheurs. Des baraques assez pauvres, beaucoup de chats auxquels il manquait une oreille, le bruit incessant des vagues et du poisson qui sèche dans les jardinets. C'était dimanche, il faisait gros temps et tous les bateaux semblaient amarrés à l'arrière des maisons.
Puis, continuant ma route vers le bout de la péninsule, j’ai traversé le vrai quartier des pêcheurs. Des baraques assez pauvres, beaucoup de chats auxquels il manquait une oreille, le bruit incessant des vagues et du poisson qui sèche dans les jardinets. C’était dimanche, il faisait gros temps et tous les bateaux semblaient amarrés à l’arrière des maisons.
Dernière étape avant d'atteindre le cap : un magnifique cimetière perché sur la falaise, battu d'embruns et à moitié envahi pas les lianes. On y retrouve de nombreuses tombes de poètes du XIXe siècle, vestiges de l'époque dorée où Hakodate, en plus des colons, attirait tous les intellectuels du Japon en mal d'océan.
Dernière étape avant d’atteindre le cap : un magnifique cimetière perché sur la falaise, battu d’embruns et à moitié envahi pas les lianes. On y retrouve de nombreuses tombes de poètes du XIXe siècle, vestiges de l’époque dorée où Hakodate, en plus des colons, attirait tous les intellectuels du Japon en mal d’océan.
Et enfin, au bout de cette paisible promenade (et non sans m'être arrêtée en route pour festoyer au restaurant Kaiseki Kira) : le cap Tachimachi ! Et là, je vous jure, je me croyais au Morbihan xD Des falaises de pierre noire éraflée, le vent qui agite les graminées à leur sommet et l'océan gris qui fait mousser les rochers. Et puis il y avait ces deux grands oiseaux qui, pareils à des personnages d'Alice au Pays des Merveilles, faisaient inlassablement sécher leurs ailes que les vagues, tout aussi inlassablement, revenaient sans cesse asperger.
Et enfin, au bout de cette paisible promenade (et non sans m’être arrêtée en route pour festoyer au restaurant Kaiseki Kira) : le cap Tachimachi ! Et là, je vous jure, je me croyais au Morbihan xD Des falaises de pierre noire éraflée, le vent qui agite les graminées à leur sommet et l’océan gris qui fait mousser les rochers. Et puis il y avait ces deux grands oiseaux qui, pareils à des personnages d’Alice au Pays des Merveilles, faisaient inlassablement sécher leurs ailes que les vagues, tout aussi inlassablement, revenaient sans cesse asperger.

À bientôt pour d’autres nouvelles d’Hokkaido !

Chers Radis, j’espère que cette balade au bord de l’eau vous a autant ravis que moi. Et je n’ai pas fini de vous raconter la belle Hokkaido et ses paysages ! Dans mon prochain article, je vous parlerai de mon étape suivante sur cette île si différente du reste du Japon : les vastes champs de fleurs de Furano. Avec, en option, des volcans fumants et des onsen rougis par le fer… À tout bientôt 🙂

Une fois de plus, finissons sur une touche gourmande : le magnifique ekiben (boîte-repas, ou bentô, qu'on achète spécialement dans les gares) que j'ai dégusté dans le train au départ d'Hakodate. Comme tous les ekiben dignes de ce nom, il mettait à l'honneur les spécialités de la région, dont la fameuse seiche. Un pur délice, surtout quand défilent les montagnes d'Hokkaido !
Une fois de plus, finissons sur une touche gourmande : le magnifique ekiben (boîte-repas, ou bentô, qu’on achète spécialement dans les gares) que j’ai dégusté dans le train au départ d’Hakodate. Comme tous les ekiben dignes de ce nom, il mettait à l’honneur les spécialités de la région, dont la fameuse seiche. Un pur délice, surtout quand défilent les montagnes d’Hokkaido !

Cet article a 2 commentaires

  1. Chlo-chan

    C’est fou, en voyant tes photos, j’ai l’impression d’être à Amsterdam xD
    En tout cas c’était très intéressant et ça m’a mis vraiment l’eau à la bouche, moi qui adore le poisson et les fruits de mer *o*
    Bon courage pour te “réaclimater” à la France et à très vite j’espère, gros bisous <3 <3

  2. criclecroque

    Super le trip a okkaido!
    Que de bonne vib et odeurs
    De mer et de poissons
    Merci encore
    Miam
    Heureusement il reste encore un article a venir pour le dessert 🍨

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