Au cours de mes différents voyages au Japon, j’ai cumulé plusieurs mois de vie à la campagne. Grâce au wwoofing, le volontariat dans de petites fermes bios, j’ai même pu vivre chez l’habitant et partager l’intimité de ces campagnes… Au cours de ces expériences, j’ai découvert plein de détails insolites dont je ne me serais jamais douté en restant en ville ! Voici une petite sélection de mes anecdotes préférées 🙂

1. C’est la Mairie qui décide à quelle heure on se réveille !

Voyez-vous ces deux petits hauts-parleurs à l'air parfaitement innocent ? Eh bien, je vais vous dire une bonne chose : les habitants de la maison juste à côté ne doivent pas être des lève-tard. Car je loge à plus d'un kilomètre d'eux et, malgré les boules Quiès, ils me réveillent quand même tous les matins à 6h30... C'est vous dire le coffre de la bête.
Voyez-vous ces deux petits hauts-parleurs à l’air parfaitement innocent ? Eh bien, je vais vous dire une bonne chose : les habitants de la maison juste à côté ne doivent pas être des lève-tard. Car je loge à plus d’un kilomètre d’eux et, malgré les boules Quiès, ils me réveillent quand même tous les matins à 6h30… C’est vous dire le coffre de la bête.

Un système de hauts-parleurs en cas d’urgence

Commençons par ce qui m’a le plus surprise quand j’ai vécu pour la première fois dans la campagne japonaise : la petite musique un peu creepy qu’on entend résonner à travers champs plusieurs fois par jour ! Il s’agit d’une musique instrumentale, qui peut varier selon les villages et dure une trentaine de secondes, au son généralement très vintage. En effet, presque toutes les communes japonaises sont équipées d’un réseau de hauts-parleurs servant d’alerte en cas de tsunami, de tremblement de terre ou tout autre danger imminent. En ce moment, on a bien entendu droit à des annonces crachotantes concernant le covid-19… Ce système ne date pas d’hier puisqu’il a été mis en place suite au très grave tremblement de terre de 1964, dont je vous avais touché un mot dans mon article sur la ville de Niigata.

En ville, les communes testent ces hauts-parleurs une fois par jour et en général à 17h, d’où le nom de “5時のチャイム” (“goji no chaimu“, c’est-à-dire “sonnerie de 5h”). Ils diffusent alors une petite musique qui, au passage, sert officiellement à rappeler aux enfants qu’il est l’heure d’arrêter de jouer et de rentrer à la maison. Tout cela est fort sympathique, mais à la campagne c’est une autre limonade !

A la campagne, pas de grasse mat’

En effet, dans les zones rurales on a droit à une charmante mélodie à 17h, mais également à 12h et à… 6h30 du matin 🙁 Et sept jours sur sept, weekend compris !! De là où vous êtes, entendez-vous le bruit de mon petit cœur de lève-tard qui se brise ? Car attention, je ne vous parle pas de la petite mélopée du gentil clocher à côté de chez vous… La musique résonne tellement fort à travers la vallée que, même fenêtres fermées et boules Quiès dans les oreilles, tout le monde se réveille !

Heureusement, il y a de bons côtés : les sonneries de midi et 17h sont très pratiques quand on travaille aux champs ou au potager. On se dit : “tiens, déjà 17h ? Bon, je finis de désherber cette rangée et après je range les outils…” Mais bon, ça me semble quand même un peu archaïque comme système. Et en même temps, tellement typique de l’état d’esprit des campagnes japonaises : se lever tôt, bosser dur sept jours sur sept et surtout vivre au rythme de toute la communauté !

2. Les distributeurs de boissons sont PARTOUT

Dans le petit village où j'ai fait du wwoofing en novembre dernier, il y avait un distributeur à peine à deux-cents mètres de la maison. Comme je ne voyais jamais personne dans la rue, je me demandais qui pouvait bien s'en servir... Mais, vu les deux chaises pliantes à côté, je m'imaginais que les pépés et mémés du coin s'y retrouvaient pour papoter !
Dans le petit village où j’ai fait du wwoofing en novembre dernier, il y avait un distributeur à peine à deux-cents mètres de la maison. Comme je ne voyais jamais personne dans la rue, je me demandais qui pouvait bien s’en servir… Mais, vu les deux chaises pliantes à côté, je m’imaginais que les pépés et mémés du coin s’y retrouvaient pour papoter !

C’est un fait qui concerne tout le Japon, en ville comme à la campagne : il y a des distributeurs de boissons chaudes et froides à tout les coins de rue. C’est déjà interloquant en ville, mais ça devient vraiment surprenant quand on en retrouve en pleine cambrousse, y compris en montagne ! J’en ai vus à plus de 1000 mètres d’altitude, à un croisement de routes où il y avait littéralement une seule maison. J’étais donc forcée d’imaginer, soit que les habitants de cette maison étaient de grands consommateurs de thé vert glacé, soit que des automobilistes prenaient la peine de s’arrêter à ce croisement, de descendre de voiture et de se payer une petite limonade pour la route.

Une fois, j’ai vu deux hommes s’arrêter avec une camionnette pour remplir les stocks. Cela a entraîné chez moi toute une série de rêveries et de réflexions… “Ils viennent tous les combien, ces deux-là ? Quand ils bossent, ils doivent en voir du pays ! Je me demande ce qu’il se passe si une boisson est passée de date ? Est-ce que la machine est capable de s’en rendre compte et la stocke dans un compartiment spécial…?” (oui, je suis partie très loin dans ma tête)

Cet hiver, j'ai bien apprécié de trouver des distributeurs de bouteilles de thé vert chaud en finissant mes randos en montagne... Improbable mais très agréable !!
Cet hiver, j’ai bien apprécié de trouver des distributeurs de bouteilles de thé chaud en finissant mes randos en montagne… Improbable mais très agréable !!

3. Où qu’on soit, il y aura toujours une supérette ouverte 24h/24, 7j/7

Encore une fois, cette règle s’applique à l’ensemble du Japon, mais surprend bien plus à la campagne qu’en ville… Car, même dans les coins les plus paumés, on n’est jamais loin d’un kombini. Ces fameuses supérettes, dont le nom est en fait la contraction de l’expression anglaise “convenience store”, sont un incontournable de tout séjour au Japon. Ouverts tous les jours et 24h/24h, les kombini vendent tout un tas d’articles indispensables. Mais on peut surtout y manger pour pas cher, ce qui en fait souvent les meilleurs amis des voyageurs… Y compris au milieu de nulle part !

4. Plein de gens ne peuvent pas fermer leur maison !

Essayez pour voir : comment fermer à clé une maison dont presque tous les murs sont constitués de panneaux coulissants escamotables ?
Essayez pour voir : comment fermer à clé une maison dont presque tous les murs sont constitués de panneaux coulissants escamotables ?

Dans mon dernier article sur les femmes voyageant au Japon, je vous expliquais qu’ici la criminalité est très basse. Cela explique bien entendu pourquoi beaucoup de personnes, y compris en ville, se soucient peu de fermer leur maison à clé… Mais si la maison est assez ancienne, il est tout-à-fait possible qu’on ne puisse pas la fermer à clé du tout !

Dans les maisons anciennes, les parois coulissantes ne comportent pas de verrous

C’est le cas de la ferme de mes hôtes de wwoofing actuels, qui est une maison toute en bois de plus de 150 ans. 80 % des murs du rez-de-chaussée sont composés de fines parois coulissantes en bois, papier et simple vitrage. Elles sont entièrement escamotables, ce qui permet, en été par exemple, d’ouvrir complètement tout un côté de la maison… Avec deux conséquences : les courants d’air et l’absence totale de serrures ! Cependant, sur les maisons plus récentes qui reproduisent cette architecture traditionnelle, on peut bien entendu verrouiller ces baies vitrées de l’intérieur. Avec un système qui, ceci dit, ne résisterait pas à un bon coup d’épaule… Encore une fois, ça ne transpire pas la peur des voleurs !

Personnellement, ce qui me surprend le plus c’est de voir des livreurs entrer spontanément dans la maison, sans se soucier de savoir s’il y a quelqu’un. Je l’ai vu faire dans la plupart des lieux où j’ai logé au Japon, en ville comme à la campagne. Ils entrent super vite et crient un truc du genre “bonjour ! Je dépose un colis !” Si quelqu’un vient le chercher du fond de la maison, ils le remettent en mains propres ; sinon, ils le posent en évidence et ressortent comme ils sont venus…

5. Le “Chat-Bus” existe vraiment (ou presque) ^^

© Studios Ghibli. Pour ceux qui ne connaissent pas, le Chat-Bus est un personnage du fameux dessin animé de Hayao Miyazaki, sorti en 1988 et cultissime au Japon : "Mon Voisin Totoro". Un film que j'affectionne particulièrement, car il transcrit à merveille l'atmosphère douce et nostalgique du Japon rural.
© Studios Ghibli. Pour ceux qui ne connaissent pas, le Chat-Bus est un personnage du fameux dessin animé de Hayao Miyazaki, sorti en 1988 et cultissime au Japon : “Mon Voisin Totoro”. Un film que j’affectionne particulièrement, car il retranscrit à merveille l’atmosphère douce et nostalgique du Japon rural.

Dans le dessin animé “Mon Voisin Totoro”, le Chat-Bus ramène les petites filles perdues jusqu’à leur maison, puis repart en miaulant à travers champs. J’adore ce passage du film, et je n’ai pas pu m’empêcher d’y penser la première fois que j’ai pris un “komibasu”. Ces petits vans gris, que l’on retrouve dans la plupart des villages japonais, font office de “bus communautaires”, d’où leur nom (“komibasu” étant la contraction du terme anglais “community bus”).

Avec leur petite capacité (environ huit places), les komibasu s'adaptent aux zones très rurales et permettent de maintenir un service de transports en commun même dans les bleds paumés. Je trouve le concept excellent ! En tant que touriste, j'en ai déjà pris à deux reprises pour me rendre sur des lieux de randonnée. Et notamment, quand je suis allée débusquer une source chaude gratuite dans les montagnes au-dessus de Jôetsu...
Avec leur petite capacité (environ huit places), les komibasu s’adaptent aux zones très rurales et permettent de maintenir un service de transports en commun même dans les bleds paumés. Je trouve le concept excellent ! En tant que touriste, j’en ai déjà pris à deux reprises pour me rendre sur des lieux de randonnée. Et notamment, quand je suis allée débusquer une source chaude gratuite dans les montagnes au-dessus de Jôetsu

6. Tous les paysans ont le même petit pick-up blanc

Voilà un petit détail rigolo qu’on constate en vivant dans des fermes japonaises : tout le monde possède une de ces petites camionnettes blanches, fort pratiques pour aller couper du bambou dans la forêt. J’en ai pris conscience il y a quelques semaines, quand nous sommes allés déblayer le lit d’un torrent avec notre hôte de wwoofing et ses voisins. Il s’agit d’un rituel annuel, où tous les paysans de ce bout de montagne se rassemblent pour entretenir la rivière artificielle qui alimente les rizières du village. Pour remonter jusqu’à la source du torrent, nous avons ainsi dû monter en camionnette à travers la forêt.

Un fermier japonais n'est pas complet sans son petit pick-up blanc. Ils sont vraiment partout !
Un fermier japonais n’est pas complet sans son petit pick-up blanc. Ils font vraiment partie du paysage, car on les voit partout !

On a bien rigolé en voyant tout le monde arriver avec chacun le même pick-up blanc, mais toujours d’une marque différente : Honda, Yamaha… On aurait dit un club ! C’était d’autant plus marrant que ces camionnettes sont à l’échelle des véhicules japonais, c’est-à-dire toutes petites et toutes carrées. Presque aussi mignonnes que les Piaggio italiens et leur moteur de mobylette 😉

7. Le soleil cogne plus fort que chez nous…

Quand j’ai visité le Japon pour la première fois, c’était un mois de mai très chaud et je me souviens que j’hallucinais sur l’obsession que tout le monde avait d’éviter le soleil. Les femmes, en particulier, se couvrent de la tête aux pieds pour empêcher les rayons UV d’atteindre leur peau. Grands chapeaux de paille, longs gants spéciaux qui remontent jusqu’aux épaules et ombrelles à gogo : tous les moyens possibles y passent.

Depuis début mai, il fait très chaud dans la journée, même ici dans les Alpes japonaises... D'où mon délicieux look à la Laura Ingalls ^^"
Depuis début mai, il fait très chaud dans la journée, même ici dans les Alpes japonaises… D’où mon délicieux look à la Laura Ingalls ^^”

Personnellement, je trouvais ça un poil exagéré… Mais, bien que je n’aie aucune donnée scientifique pour prouver ce que j’avance, j’ai moi-même fait ce constat : au Japon, le soleil cogne vraiment très fort ! Ce n’est qu’un ressenti, mais il est bien là, et mes autres collègues voyageurs le partagent. Même s’il fait à peine 15°C, comme c’est le cas en ce moment, dès que le soleil apparaît on sue à grosses gouttes. Et si on y reste dix minutes sans chapeau, ça nous fiche un sacré mal de crâne… Promis, je ne me moquerai plus jamais des mamies japonaises qui s’emballent comme des momies pour sortir faire leur potager.

8. Tout campagnard japonais se méfie des singes… et des ours !

Les macaques japonais sont des petits malins

Depuis que j’ai commencé mon année au Japon, il y a maintenant six mois, je suis tombée à quatre reprises sur des singes sauvages ! Il s’agissait toujours de macaques japonais, de petits singes bruns au visage tout rouge. J’en ai vus lors de mes balades en forêt à Nikkô et dans les Alpes japonaises, mais aussi à proximité des habitations.

Dans la montagne juste au-dessus de la magnifique petite ville de Nikkô, je suis tombée sur toute une bande macaques japonais. Il y en avait une bonne vingtaine, adultes et petits. Ce n'était pas la première fois que je voyais des singes sauvages au Japon, mais là je me sentais quand même bien chanceuse !
Dans la montagne juste au-dessus de la magnifique petite ville de Nikkô, je suis tombée sur toute une bande macaques japonais. Il y en avait une bonne vingtaine, adultes et petits. Ce n’était pas la première fois que je voyais des singes sauvages au Japon, mais là je me sentais quand même bien chanceuse !

En effet, bien qu’ils soient sauvages, certains macaques japonais s’aventurent jusque dans les jardins et n’hésitent pas à piquer des récoltes. Dans de nombreuses régions du Japon, c’est même devenu un sacré problème… Au point que les campagnards les considèrent souvent comme des nuisibles. La première fois que j’ai aperçu trois singes sur un petit chemin, je les ai montrés à mon hôte japonaise en m’exclamant. Mais pour elle, c’était une vision très banale et ça l’a laissée complètement de marbre !

Mais apparemment, les ours ont peur des clochettes…

Il y a un autre animal dont on me parle très souvent mais que, fort heureusement, je n’ai pas encore croisé… C’est l’ours ! Dans les campagnes japonaises, et même à proximité des villages, il y a encore beaucoup d’ours. Si bien que la plupart des hôtes de wwoofing chez qui j’ai séjourné m’ont demandé de me munir d’une cloche spéciale quand j’allais me promener, afin de les éloigner. Sur les sentiers de randonnée, je vois presque toujours des panneaux avertissant de la présence d’ours. Dans la ferme de Kitahiroshima où j’ai séjourné en 2016, nous devions même nous munir d’une clochette pour aller dîner, car il nous fallait longer la forêt à la nuit tombée ! Gloups…

Merci le wwoofing 🙂

Vous l’aurez compris en lisant cet article : une fois de plus, je me félicite d’avoir choisi de faire du wwoofing au Japon. En effet, je n’aurais jamais pu faire l’expérience de ces petits détails croustillants de la vie rurale si je n’avais pas vécu sur place ! Il n’y a vraiment rien de tel pour découvrir la vraie culture japonaise. Il me reste encore six mois de visa au Japon et je compte bien continuer à alterner tourisme et volontariat 🙂

Cet article a 13 commentaires

  1. Laethi

    Coucou Marion ! quel plaisir de te lire, de voir ta bouille et ta tenue magique, je kiffe ! Merci pour tes anecdotes croustillantes et rafraichissantes ! un pur délice de te lire et de voyager par procuration à travers ton blog vu le contexte actuel ! T’es la meilleure ! 🙂 Des gros bisous, Laethi

    1. Marion

      Merci Laethi, c’est toi la meilleure des cheerleaders !! ^^ J’ai hâte de reprendre la route pour vous faire voyager encore plus…
      PS : sniff, je vais devoir rendre le chapeau et la salopette en partant T_T

      1. Hildegard

        Look au top !

    2. Hildegard

      L idée de boire du thé chaud dans des bouteilles en plastoc ne m’emballe pas..contrairement à celle de l’éventualité de croiser ours et macaques au détour d’un chemin forestier..gling! gling! gling !

      1. Marion

        C’est vrai, au début l’idée me rebutait aussi… D’autant plus que, de manière générale, je fuis les bouteilles en plastique. Mais, franchement, c’est dur de résister quand le blizzard se lève et que, pour à peine 120¥ (environ 1€), on peut se réchauffer les mains et le gosier !! Du coup, j’avoue, de temps en temps je craque 😉

      2. Marion

        Ah par contre moi j’aime mieux ne pas croiser d’ours en ce qui me concerne 😅

  2. Crapulax

    Huhu c’était bien sympathique toutes ces petites anecdotes ^^ En plus je suis sur qu’il y en a d’autres !
    C’est vrai que pour nous autres campagnards d’origine, le concept d’un haut-parleur qui te réveille manu militari à 6h30 tous les jours, ça paraît absurde !
    Si on habite à la campagne, c’est pour être peinard.

    1. Marion

      Ouais, à Cliou c’est les chats qui miaulent aux fenêtres qui nous réveillent xD
      En tous cas c’est sûr, le clairon de 6h30, je m’y ferai jamais…

  3. Criquelecroc

    Oh merci merci pour ces tranches de vies insolites et aventureuses.
    J’ai été bien charmé récemment par l’univers de totoro qui donne envie de prendre la douceur en compte dans notre regard sur les gens et la nature.
    Bisous

    1. Marion

      Ah oui, comme beaucoup d’amoureux du Japon je suis une grande inconditionnelle de Totoro… Et quelle musique !! J’adore l’écouter quand je bosse dans le potager, entre les grands cèdres et les bambous ^^

  4. Chlo

    Merci pour cet article encore une fois très intéressant ! C’est toujours un plaisir de te lire et de s’évader dans la campagne japonaise… J’avoue que le réveil à 6h30 tous les jours, ça doit pas être facile ^^” Bon courage et attention aux ours, gros bisous <3

  5. Laethi

    Oh non trop dommage pour la tenue 😉 ! Des gros bisous et belle continuation et essaye de voir les ours mais en effet que de loin. 🙂

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